Le français canadien : pourquoi est-il si inhabituel ?

Pourquoi le français est-il bizarre au Canada ? Qu'est-ce qui l'a influencé ? ⠀
J'ai fini de lire le livre du linguiste E. Referovskaya. Je vais essayer de répondre.
Les Français ont commencé à s’établir au Canada il y a plus de 400 ans, et les colons ne parlaient pas tous de la même façon. Ils arrivaient en « Nouvelle-France », comme on appelait alors le Canada, de nombreuses provinces françaises, avec leurs dialectes.
Différents dialectes se sont mélangés à la langue des Indiens déjà vivant dans les nouvelles terres, et ils ont été enrichis de mots inhabituels.
Par exemple, le familier « mocassin » désignait autrefois des chaussures indiennes souples. Et le nom même « Canada » signifie « village ».
Deux siècles plus tard, les divergences avec la langue de France se sont tellement accrues qu’on n’a plus parlé de sa « pureté ».
Au 20e siècle, avec l'industrialisation, de plus en plus de Canadiens français s'installaient en ville pour travailler dans les usines. Celles-ci appartenaient alors surtout à des Canadiens anglais, et il fallait donc apprendre l'anglais. L'arrivée d'immigrants renforçait cette tendance : connaître l'anglais facilitait leur recherche d'emploi. C'était un bilinguisme imposé, et à sens unique. Les Canadiens anglais, eux, ne cherchaient pas à apprendre le français : ils n'en avaient tout simplement pas besoin.
De plus, d'autres langues ont également influencé le français par des intermédiaires - immigrants d'autres nationalités - Espagnols, Portugais, Brésiliens.
C'est ainsi, par exemple, que le mot « patate » est entré dans le français canadien, issu d'un mélange entre une langue autochtone et l'espagnol — batate. ⠀
Aujourd'hui, au Canada, il existe deux langues officielles et, soit dit en passant, égales. Mais ils sont inégalement répartis. Le Québec reste la province la plus « française ». Dans celui-ci, 80 % de la population d'origine française sont des Canadiens français. Dans d'autres provinces, l'anglais prédomine, mais on y retrouve aussi de nombreux « anciens français ». À propos, ils sont appelés différemment : « Acadiens ».
Selon les philologues, le français des Canadiens français et des Acadiens est également différent. Les « voisins » ont encore plus influencé le second.
En général, Dieu nous en préserve, le désordre linguistique est en cours au Canada. Je n'ai souligné que les points principaux. Mais même d’eux il ressort clairement que dans de telles conditions, la langue ne pouvait pas survivre sous sa forme originale. Malgré la vie isolée de ses porteurs. D’une manière ou d’une autre, j’ai immédiatement eu envie d’adopter le français.
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